Mathjax

Affichage des articles dont le libellé est suite arithmétique. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est suite arithmétique. Afficher tous les articles

jeudi 29 juin 2023

Suites arithmétiques

Une suite $(u_n)$ est dite arithmétique s'il existe un nombre $b$ tel que pour tout $n\in\mathbb N$ : $u_{n+1}=u_n+b $.


$b$ est appelé la raison de la suite.


En calculant de proche en proche les premiers termes, on a

  • $u_1=u_0+b $
  • $u_2=u_1+b=u_0+b+b=u_0+2b $
  • $u_3=u_2+b=u_0+3b$
  • $u_4=u_3+b=u_0+4b$
  • et ainsi de suite


En fait, nous avons la propriété suivante


Propriété 1. 

Soit $(u_n)$ une arithmétique de raison $b$.

Pour tout $n\in\mathbb N$, on a $u_n=u_0+bn$.


Démonstration. Nous allons montrer par récurrence que pour tout entier naturel $n$ :

$$(\mathcal P_n)\ \ : \ \ u_n=u_0+nb $$

(1) Initialisation. $u_0=u_0+0b$ donc $(\mathcal P_0)$

(2) Hérédité. Supposons $(\mathcal P_n)\ \ : \ \ u_n=u_0+nb $ pour un certain entier naturel $n$.


Nous avons $u_{n+1}=u_n+b$ donc d'après l'hypothèse de récurrence $(\mathcal P_n)$, nous avons $$u_{n+1}=u_0+nb+b=u_0+(n+1)b$$


Cette dernière égalité étant $(\mathcal P_{n+1})$, nous avons donc pour tout entier naturel $n$ l'implication $$(\mathcal P_n)\Rightarrow (\mathcal P_{n+1})$. Autrement dit la suite de propriété $(\mathcal P_n)$ est héréditaire.


(3) Conclusion. Par initialisation et hérédité, la propriété est démontrée.


Propriété 2. Soit $(u_n)$ une arithmétique de raison $b$.

Pour tout $n\in\mathbb N$, on a :

$$u_0+u_1+\ldots+u_{n-1}+u_n=\frac{(u_0+u_n)(n+1)}{2} $$


Démonstration. 

On va utiliser l'astuce attribuée au mathématicien Gauss agé de 5 ans. 


On note $S=$u_0+u_1+\ldots+u_{n-1}+u_n$.

On va calculer $S+S$ en arrangeant les termes des deux sommes identiques comme ci-dessous : 

$$\begin{array}{cccccccc} S=&u_0&+u_1&+u_2&+\ldots\ldots&+u_{n-2}&+u_{n-1}&+u_n\\ S=&u_n&+u_{n-1}&+u_{n-2}&+\ldots\ldots&+u_{2}&+u_{1}&+u_0\\\hline 2S=&(u_0+u_n)&+(u_0+u_n)&+(u_0+u_n)&+\ldots\ldots&+(u_0+u_n)&+(u_0+u_n)&+(u_0+u_n)\end{array}$$


En effet, faisant les sommes par colonnnes, on obtient toujours $u_0+u_n $:

  • $u_1+u_{n-1}=u_0+b+u_n-b=u_0+u_n$
  • $u_2+u_{n-2}=u_1+b+u_1-b=u_1+u_{n-1}$
  • etc.


En fait pour tout entier $k$ compris entre $0$ et $n$, nous avons : $u_k+u_{n-k}=u_0+u_n $. Ce résultat est laissé au lecteur en exercice (les commentaires sont faits pour ça!).


Finalement, on a 

$$2S=\underbrace{(u_0+u_n)+\ldots+(u_0+u_n)}_{(n+1)\ \mathrm{ termes}}$$

Ainsi $$S=\frac{(n+1)(u_0+u_n)}{2} $$


Application.  $1+2+\ldots+n=\frac{n(n+1)}{2}$.


En effet, si on considère la suite $(u_n)$ donnée pour tout entier naturel $n$ par $u_n=n$, qui est de raison 1, et de terme initial $u_0=0$, nous avons 

$$1+2+\ldots+n=u_0+u_1+\ldots+u_n=\frac{(n+1)(u_0+u_n)}{2}=\frac{(n+1)n}{2}  $$

jeudi 18 mai 2023

Suites arithmético-géométriques (1) : définitions et exemples

Dans ce billet, nous nous intéresserons à un cas précis de suite récurrentes très représenté dans le programme de maths français, les suites arithmético-géométriques.

On dit qu'une suite réelle $(u_n) $ est récurrente s'il existe une fonction $f:\mathbb R \rightarrow \mathbb R $ tel que pour tout $n\in\mathbb N$, $u_{n+1}=f(u_n) $.

Si $f$ est une fonction affine, c'est-à-dire une fonction du type $f(x)=ax+b $, avec $a$ et $b$ réels, alors on a une suite arithmético-géométrique.  Les suites arithmétiques et et les suites géométriques sont des cas particuliers de suites arithmético-géométriques.

Vocabulaire


Suites arithmétiques

Si $f(x)=x+b $, nous avons une suite arithmétique. Autrement dit, une suite artihmétique est une suite telle que pour tout entier naturel $n\in\mathbb N$, $u_{n+1}=u_n+b $ 

Le réel $b$  est appelé la raison de la suite $(u_n)$.

Exemple 1. La suite des nombres impairs positifs est une suite arithmétique de raison 2, avec $u_0=1 $. Nous avons $u_0=1 $, $u_1=3 $, $u_2=5 $, etc.



Propriété 1.
Si $(u_n) $ est une suite arithmétique de raison $b$, alors pour tout $n\in\mathbb N $, 
$ u_n=u_0+nb$

Démonstration. On fait une récurrence sur la propriété : $\mathcal P_n $ définie pour tout $n$ par $u_n=u_0+nb $
(1) Initialisation : On a $\mathcal P_0$ car $u_0=u_0+0\times b $

(2) Hérédité : Supposons $\mathcal P_n $ pour un certain $n\in\mathbb N $.

Alors $u_{n+1}=u_n+b =u_0+nb+b=u_0+b(n+1)$ 

On a donc $\mathcal P_{n+1} $.

(3) Conclusion : $\forall n\in\mathbb N, \mathcal P_n $.

La preuve est faite.

Représentation graphique



Suites géométriques

Si $f(x)=ax $, nous avons une suite géométrique. 
Autrement dit, une suite géométrique est une suite telle que pour tout entier naturel $n\in\mathbb N$, $u_{n+1}=au_n $ 

Le réel $a$  est encore appelé la raison de la suite $(u_n)$.

Exemple 2. La suite des puissances de 2 est une suite géométrique de raison 2, avec $u_0=1 $. Nous avons $u_0=1$, $u_1=2 $, $u_2=2^2$, etc.



Propriété  2.
Si $(u_n) $ est une suite géométrique de raison $a$, alors pour tout $n\in\mathbb N $, 
$ u_n=a^nu_0$

Démonstration. On fait une récurrence sur la propriété : $\mathcal P_n $ définie pour tout $n$ par $u_n=a^nu_n $
(1) Initialisation : On a $\mathcal P_0$ car $u_0=a^0u_0$ puisque $a^0=1$.

(2) Hérédité : Supposons $\mathcal P_n $ pour un certain $n\in\mathbb N $.
Alors $u_{n+1}=au_n=aa^nu_0$ 

Alors $u_{n+1}=a^{n+1}u_0$.  
On a donc $\mathcal P_{n+1} $.

(3) Conclusion : $\forall n\in\mathbb N, \mathcal P_n $.

La preuve est faite.

Représentation graphique






Suites arithmético-géométriques

Si $f(x)=ax+b $, nous avons une suite arithmético-géométrique. 
Autrement dit, une suite arithmético-géométrique est une suite telle que pour tout entier naturel $n\in\mathbb N$, $u_{n+1}=au_n+b $ 


Exemple 3. La suite définie par $u_0=0 $ et $u_{n+1}=\frac 3 2 u_n+\frac 2 3 $ Nous avons $u_0=0$, $u_1=\frac 2 3 $, $u_2=\frac 5 3$, etc.

Représentation graphique

  • Cas 1 : $|a|>1$ 




  • Cas 2 : $|a|<1$








Remarque 1. 
  1. Si $a=1$, nous avons une suite arithmétique
  2. Si $b=0$, nous avons une suite géométrique
  3. Si $a=1$ et $ b=0$, nous avons une suite constante (on peut montrer que ce sont les seules suites à la fois arithmétiques et géométriques)
  4. Si $a=0$, nous avons une suite constante à partir du rang 1. Si de plus, $b=u_0$, alors, nous avons comme dans le cas précédent une suite constante. 
  5. Le donnée de $a$ et $b$ suffit à déterminer entièrement une suite arithmético-géométrique ; cependant comme nous le montre les cas (4. et 5.) des suites constantes, pour une suite arithmético-géométrique donnée, il n'y a pas unicité du couple $(a,b)$. (Pour $u_0$ fixé, le couple $(a,b)=(0,u_0)$ donne la même suite que $(a,b)=(1,0)$.) Nous verrons plus tard que dans les autres cas pour une suite arithmético-géométrique, il n'existe qu'un seul couple $(a,b)$ tel que pour tout entier naturel $n$, $u_{n+1}=au_n+b $.

Equations aux différences finies

Une équation linéaire aux différences finies d'ordre $1$ est une équations du type : 
\[s_{n+1}=a(n)s_n+\psi(n)\]


où l'inconnue est une suite $(s_n)$.

Si la fonctions $a$ est une constante, alors l'équation devient 
\[ s_{n+1}=as_n+\psi(n)\]

Dans le cas où $\psi $ est une fonction constante, on retrouve comme solutions les suites arithmético-géométriques. 

Les équations linéaires aux différences finies d'ordre $1$ feront l'objet d'un billet futur.


Etude d'un exemple de suite arithmético-géométrique


Intéressons-nous à la suite $(u_n)$ définie par $u_0=3 $ et telle que pour tout $n\in\mathbb N$, $u_{n+1}=\frac 1 3 u_n +2 $. 




Quelques questions.

  • Comment varie cette suite ?
  • Cette suite possède-t-elle une limite ? Si cette suite converge, que peut-on dire sur sa vitesse de convergence ?
  • Cette suite a-t-elle une expression explicite du type $u_n=f (n)$ ?
Variations de $(u_n)$.
On peut étudier la suite définie pour tout $n\in\mathbb N $ par $d_{n}=u_{n+1}-u_n $.

On conjecture sans problème en ayant calculé quelques valeurs de la suite $(d_n) $ que $(d_n)$ est une suite géométrique de raison $\frac 1 3 $. 

On peut par exemple utiliser un script Python comme celui-ci : 




En l'executant, il semble bien de $(d_n)$ est une suite géométrique de raison $\frac 1 3 $.

Prouvons-le.  On a pour tout $n\in\mathbb N$

$$d_{n+1}=u_{n+2}-u_{n+1}=\frac1 3 u_{n+1} + 2- \left(\frac1 3 u_{n} + 2\right)$$

$$d_{n+1}=\frac 1 3 u_{n+1} - \frac 1 3 u_{n}=\frac 13 \left(u_{n+1}-{u_{n}} \right)=\frac 1 3 d_{n} $$

La suite $(d_n)$ est donc géométrique, et d'après la propriété 2, pour tout $n\in\mathbb N$, on a $d_{n}=\left(\frac 1 3\right)^n d_0 $.

Comme $d_0=u_1-u_0=\frac 1 3 u_0+2-u_0=-\frac 2 3 u_0+2 $, on obtient $d_0=-\frac 2 3 \times \frac 1 2+2=\frac 5 3 $.

Donc pour tout $n\in\mathbb N$, $d_n=\left(\frac 1 3\right)^n \times \frac 5 3 $.

Chaque $d_n $ est positif donc la suite $(u_n)$ est croissante. 

De plus $(u_n)$ semble majorée. En effet, regardons pour cela la représentation graphique de $(u_n) $.




L'abscisse du point d'intersection de la suite de la droite d'équation $y=x $ et de la droite d'équation $y=\frac 1 3 x+2 $ semble majorer $(u_n)$. En résolvant l'équation $x=\frac 1 3x +2 $, il n'est pas difficile de voir que ce cette abscisse est $3$.

On peut montrer en utilisant le théorème de récurrence que pour tout $n$ entier naturel, $u_n\leq 3$. On en déduit par le théorème de convergence monotone que $(u_n)$ converge. On peut conjecturer graphiquement que la limite de $(u_n)$ est d'ailleurs $3$.  

Remarquons au passage que $u_{n+2}-u_{n+1}=\frac 1 3 (u_{n+1}-u_{n})$, ce qui se traduit par le fait que l'écart entre deux termes consécutifs est multiplié par $\frac 1 3 $ à chaque rang.

Recherche d'une forme explicite pour $u_n$.

Notre prochain objectif est de trouver une forme explicite pour la suite $(u_n)$. Ce sera l'objet d'un prochain article de ce blog. Ensuite, nous nous intéresserons au cas général des suites arithmético-géométriques.