Cet article fait suite à
- [N1] \mathbb N (1). Définition de l'ensemble des entiers naturels. Axiomes de Peano. Récurrence.
- [N2] \mathbb N (2) Addition des nombres entiers naturels.
- [N3] \mathbb N (3). La multiplication.
- [N4] \mathbb N (4). Relation d'ordre \leq.
- [N5] \mathbb N (5) Minimum d'un ensemble d'entiers naturels
Dans cet article, nous défénissons la soustration et la division euclidienne dans l'ensemble \mathbb N.
La soustraction
Commençons par quelques propriétés
Propriété 1.
Si a< n+1, alors a\leq n.
Preuve.
En effet, si on avait a>n, alors on aurait a=n+k, avec k> 0, c'est-à-dire k\geq 1. Dans ce cas, a=n+k\geq n+1 contredisant a<n+1.
Propriété 2.
Si a+b=a+b', alors b=b'.
Démonstration.
Par récurrence sur a.
- C'est clair si a=0.
- Supposons que pour tout b, a+b=a+b' implique b=b'. (Hypothèse de récurrence).
Supposons alors que a+1+b=a+1+b'. Alors a+(1+b)=a+(1+b'). D'après l'hypothèse de récurrence, on a donc 1+b=1+b'. b et b' ayant le même successeur, ils sont égaux.
Propriété 3.
Soit n et p des nombres entiers naturels tels que p<n.
Alors il existe un unique nombre entier naturel d tel que p+d=n.
Démonstration.
Notons
E=\left\{d\in\mathbb N\ | \ p+d\geq n \right\}
E est non-nul car n\in E. En effet, p+n\geq n par définition.
Alors E possède un minimum. Notons d ce minimum. On a p+d\geq n. Comme p\geq 1, p+d\geq 1+d donc p+d-1 existe et p+d-1\geq d .
Par minimalité de d,
(1)\ \ \ \ p+d-1<n
Par (1), on a donc p+d<n+1. Donc p+d\leq n.
Comme p+d\leq n et p+d\geq n, on en déduit que p+d=n.
S'il existe un nombre d' tel que n=p+d', alors p+d=p+d'. D'après la propriété 2, d=d'.
Le nombre d tel que p+d=n est noté n-p. C'est la différence de n et de p.
Cela définit donc pour tout couple (a,b) de \mathbb N\times \mathbb N tel que b<a, un nombre a-b.
L'opérateur -:(a,b)\longmapsto a-b est appelé soustraction.
Relations entre -, \leq et <.
Propriété 4.
(a) Si c\leq b, alors c+(b-c)=b.
(b) Si c\leq b, alors (a+b)-c=a+(b-c).
Démonstration.
(a) On a par définition de b-c, c+(b-c)=(b-c)+c=b.
(b) D'une part ((a+b)-c)+c=a+b. D'autre part (a+(b-c))+c=a+c+(b-c)=a+(c+(b-c))=a+b. Ainsi ((a+b)-c)+c=(a+(b-c))+c. D'après la propriété 6 de [N2], on a donc c+(b-c)=(b-c)+c=b.
Propriété 5.
(a) Si a<b et si c<a, alors a-c<b-c.
(b) Si a\leq b et si c\leq a, alors a-c\leq b-c.
Démonstration.
(a) Si a-c\geq b-c, alors a=(a-c)+c\geq (b-c)+c=b.
(b) Si a-c> b-c, alors d'après la propriété A de [N4], on a a>b.
Propriété 6.
Si c\leq <b, on a a(b-c)=ab-ac.
Démonstration.
En effet, ab-ac+ac=ab et ab=a(b-c+c)=a(b-c)+ac
On en déduit que ab-ac+ac=a(b-c)+ac d'où ab-ac=a(b-c).
Propriété 7.
Soit k non-nul. Si a<b, alors ak<bk.
Preuve.
Par récurrence sur k.
- Si k=1, alors, il n'y a rien à montrer.
- Supposons que a<b implique ak<bk. Alors ak+a<bk+a. En effet, si on avait ak+a=bk+a, alors on aurait en soustrayant chaque membre par a, d'après la propriété 5, ak=bk. Ceci contredirait ak<bk.
Divisibilité
On dit qu'un nombre entier naturel a divise un nombre entier naturel b s'il existe un entier naturel k tel que b=ka. On note alors a|b.
Si a|b, avec b\neq 0, alors a\leq b. En effet si b=ka , alors k\neq 0 car b\neq 0. Ainsi b=(k-1)a+a\geq a.
La relation | définie sur l'ensemble \mathbb N est transitive : si a|b et si b|c, alors a|c. En effet, si b=ka et c=k'b, alors c=kk'a.
La relation | est réflexive : pour tout a\in\mathbb N, a|a (car a=1a).
Enfin la relation | est antisymétrique : si a|b et si b|a, alors a=b.
Ainsi comme \leq, la relation | est une relation d'ordre.
Ce n'est pas une relation d'ordre totale car par exemple, 2 ne divise pas 3 et 3 ne divise pas 2. En effet, 2=1+1 et 3=2+1 donc 2<3 et 3 ne divise pas 2. Comme 2\times 0=0 , 2\times 1=2 et 2\times 2=4=1+1+1+1 tout nombre k\geq 2 donnant 2k\geq 4, on ne peut pas avoir 2k=3<4.
Si a divise b, on dit que b est un multiple de a.
La division euclidienne
Un multiple d'un nombre entier a est un nombre ka, avec un nombre entier k.
Soit n un nombre entier naturel non-nul et soit p un nombre entier naturel.
On cherche le plus grand multiple de p inférieur ou égale à n.
Considérons l'ensemble suivant :
E=\left\{n-kp | kp<n,\ k\in\mathbb N \right\}
Cet ensemble est un sous-ensemble de \mathbb N donc il contient un plus petit élément (voir [N5]).
Notons r ce plus petit élément.
Affirmations.
- 0\leq r < p
- k et r sont les seuls nombres entiers naturels tels que n=kp+r et tels que 0\leq r<p.
Démonstration.
Supposons que p\leq r.
Comme on a r=n-kp\geq p, on a n\geq kp+p=(k+1)p donc n-(k+1)p>0.
Par définition, n-(k+1)p est donc un élément de E strictement inférieur à r=n-kp. Ceci contredisant la minimalité de r, on a nécessairement r<p.
Si r'\in E vérifie r'<p, alors r\leq r' par minimalité de r. On a n=kp+r=k'p+r'. Comme r\leq r', on a kp=k'p+r-r'=k'p+(r-r'), donc k'p\leq kp. On peut donc écrire r-r'=kp -k'p =(k-k')p.
Si k-k'\neq 0, alors (k-k')p>1\times p=p, d'où r-r'>p. Or p>r>r-r' d'où p>p ce qui est impossible.
On en déduit que k=k', puis r-r'=0. Par conséquent, en ajoutant r de chaque côté de cette égalité r=r'.
On a démontré la propriété suivante :
Propriété.
Si n et p sont des entiers naturels, alors il existe un unique couple d'entiers naturels (k,r), tel que r<p.
L'opération (n,p)\longmapsto (k,r)
est appelée la division euclidienne. k et r sont respectivement appelés le quotient et le reste de la division euclidienne de n par p.
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