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mercredi 7 février 2024

\mathbb N (6) : Soustraction et division euclidienne

Cet article fait suite à 

  • [N1] \mathbb N (1). Définition de l'ensemble des entiers naturels. Axiomes de Peano. Récurrence.
  • [N2] \mathbb N (2) Addition des nombres entiers naturels.
  • [N3\mathbb N (3). La multiplication.
  • [N4\mathbb N (4). Relation d'ordre \leq.
  • [N5\mathbb N (5) Minimum d'un ensemble d'entiers naturels


Dans cet article, nous défénissons la soustration et la division euclidienne dans l'ensemble \mathbb N.  


La soustraction

Commençons par quelques propriétés

Propriété 1. 

Si a< n+1, alors a\leq n.


Preuve. 

En effet, si on avait a>n, alors on aurait a=n+k, avec k> 0, c'est-à-dire k\geq 1. Dans ce cas, a=n+k\geq n+1 contredisant a<n+1.


Propriété 2. 

Si a+b=a+b', alors b=b'.


Démonstration. 

Par récurrence sur a.

  • C'est clair si a=0
  • Supposons que pour tout b, a+b=a+b' implique b=b'. (Hypothèse de récurrence). 
    Supposons alors que a+1+b=a+1+b'. Alors a+(1+b)=a+(1+b'). D'après l'hypothèse de récurrence, on a donc 1+b=1+b'. b et b' ayant le même successeur, ils sont égaux. 



Propriété 3.

Soit n et p des nombres entiers naturels tels que p<n

Alors il existe un unique nombre entier naturel d tel que p+d=n.


Démonstration. 

Notons 

E=\left\{d\in\mathbb N\ | \ p+d\geq n \right\}


E est non-nul car n\in E. En effet, p+n\geq n par définition.


Alors E possède un minimum. Notons d ce minimum. On a p+d\geq n. Comme p\geq 1, p+d\geq 1+d donc p+d-1 existe et p+d-1\geq d


Par minimalité de d

(1)\ \ \ \ p+d-1<n

 


Par (1), on a donc p+d<n+1. Donc p+d\leq n


Comme p+d\leq n et p+d\geq n, on en déduit que p+d=n.


S'il existe un nombre d' tel que n=p+d', alors p+d=p+d'. D'après la propriété 2, d=d'.


Le nombre d tel que p+d=n est noté n-p. C'est la différence de n et de p


Cela définit donc pour tout couple (a,b) de \mathbb N\times \mathbb N tel que b<a, un nombre a-b


L'opérateur -:(a,b)\longmapsto a-b est appelé soustraction.


Relations entre -, \leq et <


Propriété 4. 

(a) Si c\leq b, alors c+(b-c)=b.

(b) Si c\leq b, alors (a+b)-c=a+(b-c).


Démonstration. 

(a) On a par définition de b-c, c+(b-c)=(b-c)+c=b

(b) D'une part ((a+b)-c)+c=a+b. D'autre part (a+(b-c))+c=a+c+(b-c)=a+(c+(b-c))=a+b. Ainsi ((a+b)-c)+c=(a+(b-c))+c. D'après la propriété 6 de [N2], on a donc c+(b-c)=(b-c)+c=b.


Propriété 5.

(a) Si a<b et si c<a, alors a-c<b-c.

(b) Si a\leq b et si c\leq a, alors a-c\leq b-c.


Démonstration. 

(a) Si a-c\geq b-c, alors a=(a-c)+c\geq (b-c)+c=b

(b) Si a-c> b-c, alors d'après la propriété A de [N4], on a a>b


Propriété 6. 

Si c\leq <b, on a a(b-c)=ab-ac


Démonstration. 

En effet, ab-ac+ac=ab et ab=a(b-c+c)=a(b-c)+ac

On en déduit que ab-ac+ac=a(b-c)+ac d'où ab-ac=a(b-c).


Propriété 7.

Soit k non-nul. Si a<b, alors ak<bk.


Preuve. 

Par récurrence sur k

  • Si k=1, alors, il n'y a rien à montrer. 
  • Supposons que a<b implique ak<bk. Alors ak+a<bk+a. En effet, si on avait ak+a=bk+a, alors on aurait en soustrayant chaque membre par a, d'après la propriété 5, ak=bk. Ceci contredirait ak<bk.



Divisibilité


On dit qu'un nombre entier naturel a divise un nombre entier naturel b s'il existe un entier naturel k tel que b=ka. On note alors a|b.


Si a|b, avec b\neq 0, alors a\leq b. En effet si b=ka , alors k\neq 0 car b\neq 0. Ainsi b=(k-1)a+a\geq a



La relation | définie sur l'ensemble \mathbb N est transitive : si a|b et si b|c, alors a|c. En effet, si b=ka et c=k'b, alors c=kk'a.


La relation | est réflexive : pour tout a\in\mathbb N, a|a (car a=1a).


Enfin la relation | est antisymétrique : si a|b et si b|a, alors a=b.


Ainsi comme \leq, la relation | est une relation d'ordre. 


Ce n'est pas une relation d'ordre totale car par exemple, 2 ne divise pas 3 et 3 ne divise pas 2. En effet, 2=1+1 et 3=2+1 donc 2<3 et 3 ne divise pas 2. Comme 2\times 0=0 , 2\times 1=2 et 2\times 2=4=1+1+1+1 tout nombre k\geq 2 donnant 2k\geq 4, on ne peut pas avoir 2k=3<4


Si a divise b, on dit que b est un multiple de a.


La division euclidienne


Un multiple d'un nombre entier a est un nombre ka, avec un nombre entier k


Soit n un nombre entier naturel non-nul et soit p un nombre entier naturel.


On cherche le plus grand multiple de p inférieur ou égale à n.


Considérons l'ensemble suivant :


E=\left\{n-kp | kp<n,\ k\in\mathbb N \right\}


Cet ensemble est un sous-ensemble de \mathbb N donc il contient un plus petit élément (voir [N5]).

Notons r ce plus petit élément. 


Affirmations.

  • 0\leq r < p
  • k et r sont les seuls nombres entiers naturels tels que n=kp+r et tels que 0\leq r<p.


Démonstration. 

Supposons que p\leq r

Comme on a r=n-kp\geq p, on a n\geq kp+p=(k+1)p donc n-(k+1)p>0

Par définition,  n-(k+1)p est donc un élément de E strictement inférieur à r=n-kp. Ceci contredisant la minimalité de r, on a nécessairement r<p.


Si r'\in E vérifie r'<p, alors r\leq r' par minimalité de r. On a n=kp+r=k'p+r'. Comme r\leq r', on a kp=k'p+r-r'=k'p+(r-r'), donc k'p\leq kp. On peut donc écrire r-r'=kp -k'p =(k-k')p


Si k-k'\neq 0, alors (k-k')p>1\times p=p, d'où r-r'>p. Or p>r>r-r' d'où p>p ce qui est impossible.


On en déduit que k=k', puis r-r'=0. Par conséquent, en ajoutant r de chaque côté de cette égalité r=r'.


On a démontré la propriété suivante :


Propriété. 

Si n et p sont des entiers naturels, alors il existe un unique couple d'entiers naturels (k,r), tel que r<p.


L'opération (n,p)\longmapsto (k,r)

est appelée la division euclidienne. k et r sont respectivement appelés le quotient et le reste de la division euclidienne de n par p.


Et ensuite

Après cette série d'articles sur les entiers naturels, j'aimerai abroder les entiers relatifs. De cette façon, nous obtiendrons le plus petit groupe contenant \mathbb N.

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